Les Corons
Musique: Pierre Bachelet
{Refrain:}
Au nord, c'étaient les corons
La terre c'était le charbon
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond
Nos fenêtres donnaient sur des f'nêtres semblables
Et la pluie mouillait mon cartable
Et mon père en rentrant avait les yeux si bleus
Que je croyais voir le ciel bleu
J'apprenais mes leçons, la joue contre son bras
Je crois qu'il était fier de moi
Il était généreux comme ceux du pays
Et je lui dois ce que je suis
{Refrain}
Et c'était mon enfance, et elle était heureuse
Dans la buée des lessiveuses
Et j'avais des terrils à défaut de montagnes
D'en haut je voyais la campagne
Mon père était "gueule noire" comme l'étaient ses parents
Ma mère avait les cheveux blancs
Ils étaient de la fosse, comme on est d'un pays
Grâce à eux je sais qui je suis
{Refrain}
Y avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaures
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose
Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C'est avec eux que j'ai compris
La chanson ouvrièriste
"Mal vêtus, logés dans des trous / Sous des combles, dans des décombres / Nous vivions avec les hiboux / Et les larrons amis des ombres".... En écrivant, en 1848, " le Chant des ouvriers", Pierre Dupont, dont l'inspiration était jusque-là essentiellement champêtre, signe un véritable manifeste. Son texte dont, visiblement, il n'a pas mesuré toute la portée, dénonce l'exploitation, la condition faite au prolétariat. Monthébus, le champion de la cause, ne fera pas mieux dans ses morceaux choisis que sont "Victoire sociale" et "Lettre d'un socialo", autant de pamphlets contre les possédants. De tout temps ont existé des chansons corporatistes célébrant les métiers. Elles servaient souvent à rythmer l'ouvrage, à permettre aux hommes de progresser en mesure dans les labeurs collectifs, ceux du bâtiment ou des champs par exemple.
Mais elles n'avaient pas pour fonction de dénoncer un système, de refuser une forme d'exploitation. Plus tard, dans la première moitié du XXe siècle, la "chanson réaliste", avec Fréhel, Damia ou Berthe Sylva, exprimera aussi la douleur populaire, mais sur le registre de la mélancolie, pas celui de la dénonciation. Même s'il fait allusion à Jaurès et au Front populaire de la chanson, Pierre Bachelet se situe plutôt dans cette tradition réaliste.
-------------------------------------------------------------------------------
Ecris-moi
Paroles: Jean Pierre Lang. Musique: Pierre Bachelet 1982
© 1982 Disque Polydor
Alors comme ça tu t'en vas
L'appartement joli-gentil
Qu'on avait fait juste pour nous
Tu t'en fous
Alors comme ça tu t'en vas
Notre pendule peut s'arrêter
Le chat peut te chercher partout
Tu t'en fous
Tu veux vivre où je ne vis pas
Moi je peux pas vivre où tu n'es pas
Alors comme ça tu t'en vas
Et tous ces mots qu'on s'inventait
Câlin-matin Câlin-matou
Tu t'en fous
Alors comme ça tu t'en vas
Et cet enfant qu'on devait faire
Pour qu'il arrive en plein mois d'août
Tu t'en fous
L'amour c'est comme un tatouage
Comment veux-tu tourner la page ?
Ecris-moi, si t'as les yeux fontaine
Ecris-moi si t'as le cœur cailloux
Je serais jusqu'au bout de ma peine
Au rendez-vous
Ecris-moi et tu sauras l'histoire
De ce chien perdu dans la détresse
Mais qui trouve à force d'y croire
Sa maîtresse
Ecris-moi si tu as le courage
Ecris-moi dis-moi la vérité
Ecris-moi comme un dernier message
Que c'est pas vrai, que c'est pas vrai !
Alors comme ça tu t'en vas
Tu ne réponds déjà plus rien
Tu baisses les yeux et puis c'est tout
Tu t'en fous
Alors comme ça tu t'en vas
Le monde peut bien s'effondrer
Et moi tomber à tes genoux
Tu t'en fous
Si tu n'as plus rien à me dire
Qu'il reste au moins des souvenirs
Ecris-moi, si t'as les yeux fontaine
Ecris-moi si t'as le cœur cailloux
Je serais jusqu'au bout de ma peine
Au rendez-vous
Ecris-moi tu sauras la patience
De celui qui n'a qu'un seul amour
Qui attend dans l'ombre et le silence
Ton retour
Ecris-moi si tu as le courage
Ecris-moi dis-moi la vérité
Ecris-moi comme un dernier message
Que c'est pas vrai
Ecris-moi, écris-moi, écris-moi !
Commentaires